Anna Piot et moi sommes en train de préparer un petit-déjeuner sur le thème "écritures d'été" (si ça vous intéresse, c'est le mardi 6 juillet à l'endroit habituel).
Aujourd'hui plutôt que de faire le compte-rendu d'un évènement déjà passé, j'ai envie d'élaborer mes idées sur quelque chose à venir... Ecrire pendant l'été, c'est à la fois une aberration (il fait si beau dehors ! les peaux dorées appellent à d'autres délices) et une logique implacable : on a souvent plus de temps. On est souvent déconnectés de ce qui nous stresse d'habitude. Souvent, on se dépayse.
Et le temps, et la détente, et le dépaysement, peuvent être de très belles aides à l'écriture. (Pour d'autres au contraire, la contrainte et la sensation de temps volé sont des moteurs à explosion). D'ailleurs pourquoi "au contraire" ? Notre désir dont se nourrit l'écriture, n'est-il pas aussi versatile ?
Ce qui me plait dans les mots "écrire l'été", c'est l'évocation de la lumière - la lumière jaune du petit jour, la lumière rouge du coucher de soleil et la lumière bleue de plus en plus sombre lorsque les soirées s'étirent. Que d'éclairages différents pour irriguer nos pages.
Je pense aussi à un cahier rouge dans des sous-bois de pins laricio. Posée sur un paréo et adossée à un tronc dont je ne vois pas la fin, j'ai presque froid et cette fraicheur sur mes épaules me fera aimer tout à l'heure le soleil sur les pierres jaunes.
Je pense à des petits matins où l'on s'éveille plus tôt pour aller écrire sur la terrasse, en attendant que les chéris se lèvent à leur tour deux ou trois bonnes heures rien qu'à soi, que l'on pourra récupérer à l'heure de la sieste.
Et si un jour ce que j'écris ne me plait pas, il reste encore demain et tous les autres jours.
Et vous, qu'allez-vous écrire cet été ?













