Dans ma newsletter bisanuelle Plume&Cie, je donne depuis janvier 2008 des pistes pour donner de l'âme à vos écrits professionnels. Voilà le troisième conseil, sur 9 envoyés à ce jour par le biais de la newsletter. Si vous voulez la recevoir, vous pouvez vous y inscrire par exemple dans les commentaires (et en laissant une adresse mail valide qui ne pourra être lue que de moi).
Bonne écriture !
« Le style simple est semblable à la clarté blanche. Il est complexe, mais il n'y paraît pas. »
Anatole France.
Le conseil du jour s’adresse aux plumes « proustifiques », c'est-à-dire aux personnes qui écrivent avec fluidité… des mails ou textes fleuves.
Lorsque j’écris à quelqu'un pour lui soumettre une demande ou un projet, dans le feu de l’enthousiasme, les phrases partent « toutes seules », avec des parenthèses et des propositions « qui que que qui ». Comme j’ajoute des adjectifs et des adverbes à la pelle, le mail finit par peser une tonne.
A la fin, que va comprendre mon correspondant ?
Va-t-il avoir même le lire jusqu’au bout ?
Sans parler d’avoir envie d’agir dans mon sens ?
Il est utile de se relire – c'est-à-dire, d’écrire un premier jet jaillissant puis un second jet réflexif - même lorsqu’il s’agit d’un e-mail.
A la relecture en effet, je m’efforce de simplifier mon texte ou mon mail, et je me pose la question de ce que va recevoir mon lecteur : voilà comment.
- Cut-cut : je repère les phrases qui font plus de deux lignes et m’efforce de les couper en deux.
- Désallambiquer : je vérifie que toutes les propositions et parenthèses sont utiles ; sinon, elles sautent.
- Sus aux adverbes : j’en profite aussi pour ne pas ajouter d’adverbe (ils alourdissent : faisons confiance à l’intelligence de nos lecteurs pour comprendre les nuances) ; voire, j’en enlève.
- Dédoublonner : quand il y a deux adjectifs, ou une aposition (ceci ET cela), je cherche le terme le plus juste parmi les deux. L’autre, vous avez deviné son sort... (« La crainte de l'adjectif est le commencement du style», et cela c'est de Paul Claudel !).
- Rendre plus direct : « je pense que tu as raison », je crois que, je vois que, j’ai l’impression que… Arrêtons de tourner autour du pot : même si c'est dur à avouer, « Tu as raison » est plus fort. Donc, plus impactant.
Après ces coupes qui ont raccourci mon texte d’un bon tiers, il reste de la place pour les aimables formules introductives et conclusives, celles qui font de la place au lecteur…













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