Je suis frappée - parfois lassée, parfois émue - d'avoir beaucoup la même discussion avec les personnes qui viennent me parler de leur projet de livre. Le plus souvent, ce sont des professionnels plus que chevronnés et reconnus dans leur domaine ; la plupart d'entre eux totalisent quinze ans et plus d'expérience dans leur domaine. Un autre de leurs points communs, c'est la place importante du travail dans leur vie et leurs pensées.
Tous ces gens qui viennent me voir, ces personnes qui sont des professionnels qui peut-être deviendront mes clients, tous veulent écrire un livre donnant à comprendre leur expérience. Tous ont en eux la matière pour écrire un livre et même, plusieurs : le nombre de clients rencontrés, les situations problèmatiques qu'ils traversaient, liées à un contexte ou aux méandres de l'âme humaine ou plus probablement à la conjonction des deux, puis la manière dont ils les ont aidé : leur méthode. Sans parler de leurs influences théoriques, des mentors et chercheurs qui les ont inspirés avant de faire partie de leur bagage professionnel.
Est-ce que cette expériences et ces réflexions suffisent pour faire la matière d'un livre ? Ou faut-il encore chercher ailleurs : des témoignages et des cautions scientifiques nouvelles ? Eux, très souvent, ont encore envie de chercher. Et moi, je dis : probablement, ce qui intéressera vos lecteurs ce sera votre regard bien davantage que la caution que vous voulez vous donner en faisant de nouvelles recherches. Malheureusement, les citations tirées d'interviews sont le plus souvent aseptisées quand on les fait valider par leur auteur ; et les lectures non encore digérées sont moins intéressantes qu'un bagage integré.
A la réflexion pourtant, même si ces recherches ne sont pas forcément utiles pour le livre, et même contreproductives de mon point de vue, leur perspective semble passionner les futurs auteurs.
Prendre le temps d'écrire un livre, ce n'est pas seulement rendre compte de ce qui a été vécu et créé et donné (vendu) au monde. C'est aussi se donner l'occasion de faire un pas supplémentaire loin dans l'élaboration de sa réflexion et de ses recherches.
Moi aussi un jour j'aurai la matière pour écrire un livre sur mon métier.
[A CB.]












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